Mesure de lutte et de prévention au niveau des systèmes de climatisation et des tours aéro-réfrigérantes
LES TOURS AERO-REFRIGERANTES
Ce sont des équipements extérieurs de refroidissement des circuits chauds. Ils sont utilisés en annexe des installations frigorifiques, en climatisation, en froid industriel ou commercial et en refroidissement d’eau chaude industriel. Dans les dispositifs à circuit ouvert, l’eau à refroidir est pulvérisée sur un support qui favorise les échanges thermiques par évaporation avec de l’air circulant à contre-courant. Le « panache » émis par la tour est constitué de gouttelettes, véhicules des légionelles si le mauvais entretien et/ou la stagnation d’eau en a favorisé la prolifération. Une tour aéro-réfrigérante peut être à l’origine de contamination à l’intérieur de l’établissement qui en est équipé ou à l’intérieur d’autres établissements situés à proximité (par « pollution » des prises d’air ou des ventilations) ou même de lieux de rassemblement de personnes à l’extérieur (arrêt de bus, quai, installations de sports et de loisirs…).
Les mesures de lutte comprennent :
- des mesures de lutte à court terme :
- un nettoyage complet des surfaces et des composants pour enlever tous dépôts ou boues.
- une désinfection par « choc chloré » (30 à 50 mg/L de chlore libre pendant au 2 à 3 heures de circulation dans l’équipement suivie d’une vidange et d’un remplissage).
- des mesures de prévention à plus long terme :
- une maintenance régulière de préférence par une entreprise spécialisée :
- contrôler l’intégrité des dispositifs d’arrêt des gouttelettes et si nécessaire procéder à leur remplacement.
- vérifier l’évacuation correcte des eaux de rejet à l’égout.
- nettoyer périodiquement les circuits : faire circuler un dispersant, évacuer les boues au fond des cuves et frotter les surfaces pour éliminer les dépôts.
- protection du personnel par le port d’un masque tenue d’un carnet d’exploitation
- une mesure de chloration permanente est souhaitable (2 à 3 mg/L de chlore libre). Si elle n’est pas techniquement possible (corrosion), il peut être procédé régulièrement à des chocs chlorés.
- une maintenance régulière de préférence par une entreprise spécialisée :
- des mesures complémentaires
- Elles sont à prendre pour modifier les installations si le débouché de la tour n’est pas suffisamment éloigné des prises d’air et ventilations des bâtiments (le Règlement Sanitaire Départemental préconise au moins 8 mètres ce qui peut s’avérer insuffisant) ou de lieux publics. De même, si des travaux de remplacement sont programmés, un équipement à batterie sèche qui élimine le contact entre le fluide contaminé et l’air sera préféré.
LES SYSTEMES DE CLIMATISATION A BATTERIES
L’enquête d’environnement dans les locaux climatisés doit conduire à une expertise de l’ensemble du système de climatisation à la recherche d’endroits où l’eau peut stagner. Une attention particulière est portée :
- sur les échangeurs thermiques à batteries froides qui assurent le rafraîchissement et la déshumidification de l’air. Les condensats sont recueillis dans un bac de récupération et évacués à l’égout. Un entretien défectueux (siphon obstrué ou désamorcé) et/ou une mauvaise conception (pente du bac) y favorisent la stagnation de l’eau ;
- sur les humidificateurs et en particulier sur les humidificateurs à ruissellement et à pulvérisation d’eau sous pression.
Les mesures de lutte comprennent :
- des mesures de lutte à court terme :
- un nettoyage complet des surfaces et des composants pour enlever tous dépôts ou boues
- une désinfection par brossage avec des produits chlorés qu’il conviendra d’éliminer avant la remise en service de l’installation
- des mesures de prévention à plus long terme :
- la qualité de l’eau introduite dans les humidificateurs doit être soigneusement contrôlée
- la qualité de la maintenance est essentielle
- Les batteries froides et les caissons d’humidification doivent faire l’objet d’une inspection visuelle, au minimum tous les 3 mois pour contrôler le bon écoulement de l’eau et l’absence de dépôts sur les parois.
- Les équipements doivent être nettoyés et désinfectés périodiquement avec les produits préconisés dans les consignes d’entretien. Les médias à nid d’abeille qui ne peuvent être nettoyés, doivent être changés.
- En cas d’arrêt de l’humidificateur pendant une période prolongée, il faut vidanger le bac, déposer les média (système à ruissellement) et maintenir le siphon rempli.
- des mesures complémentaires peuvent être prises.
Il est conseillé d’installer un filtre de porosité microbiologique (0,4 µm) sur le circuit d’eau d’humidification. Si des travaux (remplacement des équipements, changement dans la conception de l’installation…) sont programmés, il faut veiller :
- à l’implantation des prises d’air neuf (elles ne doivent pas être sous le vent ou à proximité de sources de pollution
- au choix d’un système d’humidification par injection de vapeur ou tout dispositif ne permettant pas la stagnation d’eau ou son recyclage.
Copyright IRH Environnement et Jean-Louis ROUBATY 2001


